[Portrait] Pierre-Louis Bouchet, pionnier du Surf Royannais

Un des pionniers du Surf dans le milieu des années 70 , Pierre Louis Bouchet, éditeur de métier, passionné de glisse et de ses légendes, revient sur une époque chère à sa vie, ses premières années de surf à Royan: rencontre
Pierre Louis Bouchet aujourdhui septembre 2015)

Royan Glisse: Salut Pierre-Louis, a quel âge as tu commencé à surfer et comment et avec quels moyens tu allais surfer à l’époque, raconte nous ?

Pierre Louis Bouchet: J’avais à peine 17 ans, quand j’ai commencé avec un ami, qui était passé par Lacanau. Il y a plus de 40 ans de cela. Il avait ramené une planche et nous n’avions aucuns repères, aucuns modèles, on surfait n’importe comment, à genoux, tout droit dans la mousse, mais ce qu’on recherchait déjà, c’était la vague parfaite !
On faisait des kilomètres à Solex pour aller sur la côte sauvage, sans moyens, on avait une planche pour 2, on se la prêtait à tour de rôle et puis j’ai acheté une « Freedom ».
Nous étions réellement 4 à commencer le surf en même temps, et nous avions une mauvaise réputation !

RG: Raconte nous l’ambiance à cette époque, était-ce le « Surf Spirit » pour toi ?

Pierre Louis Bouchet: Nous étions une bande de potes chevelus, fumeurs de pétards, la West Coast, la Californie, la musique US 50’s 60’s, le Skate, les blues jeans, c’était un peu tout …

Mai 68 était passé par là, nous étions libre, les cheveux dans le vent, c’était le « Flower Power »
Nous étions heureux quand nous croisions des voitures avec des galeries ou des combis VW, car il n’y en avait pas dans le coin, nous rencontrions des étrangers ou des surfeurs d’autres régions qui venaient chez nous, on était tout excité de les rencontrer !
C’était tout ça l’ambiance de l’époque, nous vivions pour notre passion, complètement insouciant de ce qui pouvait se passer, pourvu que l’on prenne des vagues et que l’on s’amuse … Le bon temps !
Le Surf Spirit, je dirais plutôt une «culture Surf & Skate » car c’est plus une invention marketing le « Surf Spirit » pour moi.
Tel « Endless Summer » nous étions en quête et c’était comme un orgasme de trouver et de prendre la vague que nous avions tant cherché, c’est ça «l’esprit surf» pour moi, pour nous à l’époque.

Pas le « Surf Spirit »
Et puis nous étions solidaire les uns des autres, vraiment uni, une bande d’ami, c’était le partage., on surfait !
Nous faisions des bivouacs à dormir des nuits entières à la Côte Sauvage tel des Robinsons. C’est plutôt cette culture nous vivions pleinement, avec des anecdotes à n’en plus finir !
Pierre Louis Bouchet Vague 1

RG: Avais tu des modèles de surfeurs, des références  qui pouvaient t’inspirer toi et ta bande d’amis ?

PLB: Un modèle ? OUI !
Je dirai Mickey Dora, « Da Cat» , la première bande à Malibu, dans l’esprit surf, un style unique, un iconoclaste !
Et puis il y a Derek Ho, Shane Thompson, Tom Caroll, Martin Potter !!!
Martin Potter … « Le Baudelaire du surf », ce type est extraordinaire, il était tellement imprévisible dans son surf, et puis son style complètement novateur pour l’époque.
Nous allions aussi sur les compet’ à Lacanau, à Biarritz, on allait les voir surfer, même surfer à côté d’eux, juste pour les voir, pour les admirer, tous ces gars qui nous faisaient rêver.
RG: As tu des regrets de cette époque ?

PLB: J’en ai un : Surfer en twin sur un shoreboard !
Mon grand regret est de ne pas avoir commencé par le longboard. C’est de la grâce, de la fluidité, de la danse sur l’eau, c’est beau tout simplement .
J’ai perdu beaucoup trop de temps avant de passer en Longboard, c’est vraiment un autre surf, ça me correspond vraiment, c’est l’image que j’ai du surf !

RG:  Comment vois tu l’évolution du surf entre le moment où tu as commencé à surfer et aujourd’hui ?

PLB: Désespérant, … catastrophique !!!
C’est plus que du business, il y a de plus en plus de monde à l’eau, c’est dur de se retrouver seul sur sa vague comme avant.
C’est aussi un peu à cause de gens comme toi, qui photographient les vagues, les spots, même si vous ne dévoilez pas tout, même si je comprends votre démarche, j’aime les belles images de ma région, les photos, mais ça fait forcement venir de plus de plus de monde. Il y a une mauvaise ambiance du coup, il y a de moins en moins de respect, et toutes les valeurs « surf » pour moi on disparu ou presque.
Les mêmes qui nous jetaient des cailloux à l’époque ont mis après leur enfants à surfer !
Je regrette et sans être rétrograde mais avec un peu de nostalgie, toute cette époque où nous n’avions aucunes approches scientifiques du surf.
C’était du pur hasard, de la roulette. Maintenant avec les nouvelles technologies, on peut savoir directement où est la vague et à quand il faut y aller parce qu’on à juste QUE une heure pour surfer.

RG: Pierre Louis, surfes tu toujours ?

PLB: Dés que je le peux et surtout des que le temps me le permet !

RG: Un dernier mot Pierre Louis ?

PLB: On va écrire la suite ! 😉

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